Un radar ne retire jamais un point par hasard. Derrière la froideur de ses flashes, il dessine parfois le destin administratif d’un conducteur. Sur l’asphalte, chaque infraction s’accumule, mine de rien, et la sanction ne tarde jamais à suivre. Les radars routiers, omniprésents sur le réseau, veillent et rappellent à l’ordre : vitesse, feux rouges, aucune erreur ne passe inaperçue. Pour des milliers d’automobilistes, le couperet tombe chaque année, avec son lot d’amendes et, surtout, de points envolés. Car perdre des points sur son permis, ce n’est pas juste une question de portefeuille. La suite peut s’avérer autrement plus sérieuse, jusqu’à mettre en péril bien plus qu’un simple trajet.
Les infractions entraînant une perte de points
Le Code de la route ne laisse que peu de place à l’improvisation. Chaque manquement, chaque excès, ne se contente pas d’alléger le portefeuille : il entame aussi le capital-points du permis de conduire. Voici, dans le détail, les principales infractions et ce qu’elles impliquent.
Franchissement du feu rouge :
- 135 € d’amende
- 4 points retirés
Excès de vitesse de moins de 20 km/h :
- En agglomération : 135 € d’amende, 1 point retiré
- Hors agglomération : 68 € d’amende, 1 point retiré
Excès de vitesse entre 20 et 30 km/h :
- 135 € d’amende
- 2 points retirés
Excès de vitesse entre 30 et 40 km/h :
- 135 € d’amende
- 3 points retirés
- Suspension du permis possible
Excès de vitesse entre 40 et 50 km/h :
- 135 € d’amende
- 4 points retirés
- Suspension du permis possible
Excès de vitesse de 50 km/h ou plus :
- 1500 € d’amende
- 6 points retirés
- Suspension du permis possible
- Peine de prison encourue
- Confiscation ou immobilisation du véhicule
La réglementation routière s’applique sans exception. Respecter ces règles, c’est éviter la spirale du retrait de points et des sanctions qui l’accompagnent.
Les conséquences administratives et financières de la perte de points
Au-delà de l’amende immédiate, la perte de points s’accompagne d’engrenages administratifs et financiers bien concrets. Chaque infraction s’acquitte d’abord par une sanction pécuniaire, variable selon le barème en vigueur. Un excès supérieur à 50 km/h, par exemple, ne se contente pas d’un retrait de 6 points : il s’alourdit d’une facture de 1500 €. Lorsque les points tombent à zéro, la sanction s’applique sans délai : le permis est suspendu. La durée de cette suspension dépend de la gravité des faits et du passé du conducteur. Dans les situations les plus lourdes, excès massifs, conduite sous substances illicites, la sanction s’étend à la confiscation du véhicule, voire à la privation de liberté.
Les effets s’invitent aussi sur le terrain de l’assurance auto. Le système bonus-malus, bien connu, se nourrit des pertes de points pour ajuster le montant des cotisations. Plus le solde de points baisse, plus le malus s’emballe. À la clé : des primes d’assurance en hausse, parfois même l’impossibilité de souscrire un nouveau contrat si l’assureur considère le profil trop risqué.
La réalité est claire : la sanction financière et administrative ne s’arrête pas au montant de l’amende. Elle peut déborder sur le quotidien, affecter l’accès à l’assurance, et compliquer la vie professionnelle de celles et ceux pour qui la conduite reste indispensable.
Les démarches à suivre après avoir été flashé par un radar
Un flash, et la procédure s’enclenche. L’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) expédie un avis de contravention qui détaille l’infraction, le montant dû, et le nombre de points concernés. Plusieurs dispositifs peuvent être à l’origine de ce courrier : voici lesquels sont les plus fréquents.
- Radar fixe
- Radar de franchissement
- Radar tourelle
L’amende doit être réglée dans le délai indiqué. Le paiement se fait en ligne, par courrier, ou dans les bureaux de tabac partenaires. Un retard de paiement ? La note grimpe rapidement.
Il est indispensable de vérifier les informations portées sur le procès-verbal. Si l’infraction semble contestable, la loi prévoit la possibilité d’une requête en exonération ou d’une réclamation. Cette démarche, à adresser au service indiqué sur l’avis, nécessite des éléments concrets pour être prise en compte.
Le retrait de points devient effectif une fois l’amende acquittée, ou après la décision en cas de contestation. Pour remonter son compteur, le stage de sensibilisation à la sécurité routière demeure la solution la plus accessible : il permet de regagner jusqu’à 4 points sur le permis.
Bien gérer ces étapes, c’est limiter les dégâts et éviter l’accumulation des sanctions.
Les solutions pour récupérer ses points de permis
Remonter la pente après un retrait de points ? Plusieurs voies existent, à commencer par le stage de sensibilisation à la sécurité routière. D’une durée de deux jours, ce stage donne droit à la récupération de 4 points, accessible une fois par an, que ce soit de manière volontaire ou sur obligation administrative.
Les conditions pour suivre un stage de sensibilisation
L’accès à ce stage n’est pas automatique. Il faut remplir plusieurs critères :
- Ne pas avoir bénéficié d’un stage similaire au cours des douze derniers mois
- Avoir un solde de points inférieur au maximum autorisé
- Ne pas être en période probatoire avec une infraction grave
Le stage, organisé par des centres agréés, coûte généralement entre 200 et 300 euros. Une attestation de présence, remise à l’issue des deux jours, doit être transmise à la préfecture afin de récupérer les points.
Récupération automatique des points
Autre alternative : patienter. Si aucun écart n’est relevé pendant une période donnée, les points reviennent d’eux-mêmes. La durée du délai dépend de la nature de l’infraction :
- 2 ans sans infraction pour les contraventions des classes 1 à 3
- 3 ans pour les contraventions des classes 4 et 5 ou en cas de délit
Cas spécifiques
Certains excès, particulièrement au-dessus de 50 km/h, débouchent sur des sanctions aggravées : suspension, voire prison. Dans ces situations, récupérer ses points exige parfois des démarches supplémentaires, et la reprise du volant peut s’avérer longue et incertaine.
Sur la route, chaque point compte. Anticiper, connaître ses options, c’est garder la main sur son avenir de conducteur et ne pas laisser un flash bouleverser tout un quotidien.


